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CAMP CHANTIER A KPELE DAFON
Association sans frontière des jeunes pour la promotion de l’éducation et du tourisme
Rapport d’activité de Mertens Bertrand, volontaire de l’association.
J’ai participé en tant que volontaire à un chantier proposé par l’Association sans frontière des jeunes pour la promotion de l’éducation et du tourisme (afjepet), pendant trois semaines du 05 au 25 août 2004 à Kpélé Dafon et à Kpélé Godzo, préfecture de Kloto région des plateaux.
J’ai connu l’afjepet par le centre de volontariat des pays de l’Ain, qui présente les chantiers proposés par l’association.
Par ce rapport, je tiens à présenter l’Association en général et le déroulement du chantier en particulier. Par la même j’explique l’intérêt, pour un volontaire, de participer aux chantiers de l’afjepet pour son enrichissement personnel et pour l’utilité des actions à destination des populations auxquels il participe. Par ailleurs, j’explique le travail de fond mené par l’AFJEPET par le développement d’action locale.
Nous étions six volontaires à participé au chantier, dont cinq volontaires togolais, membres de l’afjepet.
L’intérêt d’un chantier de volontaire dans cette localité apparaît sous deux aspects fondamentaux :
d’une part, il s’agit de l’impact des projets réalisés sur les localités de Kpélé Dafon et Kpélé Godzo, par la nature même des activités menées. En effet j’ai participé au comité villageois de développement (CVD). Il s’agit de faire participer la population au traitement des problèmes du village, de leur donner des outils de réflexion, en utilisant la méthode PAIRWISE RANKING.
L’action a pour but l’utilisation des moyens et des potentialité du village pour résoudre ses problématiques. Il s’agit de l’auto promotion des communautés rurales.
D’autre part, il s’agit de l’échange interculturel entre la population et les volontaires expatriés permis par ce chantier en participant à la vie quotidienne du camp chantier et par extension à la vie du village.
- L’impact des projets réalisés sur la localité.
- Historique de la création de L’AFJEPET
Créée le 08 Février 2000 par l’initiative de Monsieur FIAKOWODOUA Kokou Alex, elle est réconnue officiellement par le gouvernement Togolais le 07 Août 2001 sous le N° 3770. Selon les idéaux de sa création, l’AFJEPET intervient dans le domaine de l’éducation, la formation, l’assistance aux personnes déshérités, le développement communautaire et le tourisme.
A cet effet, l’AFJEPET a organisé des actions suivantes :
2000 – 2001 :
Création, organisation, sensibilisation sur les motifs de création de l’AFJEPET et l’explication du bien fondé cette association à travers les écoles, les sociétés et la communauté tout entière.
2001 – 2002 :
- Reconnaissance officielle de l’AFJEPET
- Projet d’alphabétisation (éducation de 53 adultes)
2002 – 2003 :
- 2e année d’expérience du Projet d’alphabétisation
- Préparation et participation à la journée de promotion des associations de
Kpalimé financé par l’Association Français des Volontaires du Progrès (AFVP) avec l’assistance
de l’ambassade de France au Togo (pour cette journée, nous disposons d’un vidéo cassette.
- Création de ZANZO notre club de ballet par le soutien financier de l’agence française des
volontaires du progrès à travers son programme PJK (Programme Jeunesse Kpalimé)
- Organisation des cours de soutien scolaire aux élèves orphelins et démunis que l’AFJEPET
encadre à Kpalimé
- Organisation d’un chantier artistique à Kpalimé (Fabrication de pagnes en batik et
confection de tenue de ballet)
- Organisation d’un camp chantier international de soutien scolaire à 250 élèves
dans le canton de Gbalédzé plus précisément à Kpélé Kponvié à 35 Km de Kpalimé
(deux volontaires français ont participé au chantier pendant trois semaines)
- Assistance des enfants de rues de Kpalimé afin de les réinsérer dans leur famille.
2003 – 2004 :
- Organisation d’un camp chantier international de soutien scolaire à 185 élèves à Kpalimé
- Création d’un centre de formation professionnelle aux déshérités dénommé : Centre de Formation et
d’Appui aux Déshérités (CFAD) à Kpalimé. Ce centre abrite les filières suivantes : coiffure homme –
dame, couture homme – dame, tricotage, trousseau bébé. Ce centre forme actuellement gratuitement 12 apprentis.
- Création d’une bibliothèque de lecture publique à Kpélé Dafon qui comporte actuellement 515 livres
( Centre de Recherche Educatif Emile ZOLA (CREEZ)
- Création d’un centre informatique à Kpélé Dafon pour la formation des jeunes
(ce centre est affilié à la bibliothèque).
- Création d’une institution d’épargne et de crédit dénommée :
«Fonds d’Appui pour le Développement Economique des Communautés Rurales (FADECOR) dans
un milieu rural d’environ 30 000 habitants où il n’y a aucune banque.
- L’AFJEPET par son programme COREE – VARENA (COmmission de REcherche, d’Etude et de
VAlorisation des REssources NAturelles) est entrain d’aménager et de valoriser la CASCADE GBALEDZE
- Camp chantier international : Rencontre de formation des Comités Villageois de Développement (CVD)
et projet de construction de classes scolaire à Kpélé GODZO
Les projets sont soucieux de faire participer la population dans la gestion et le contrôle de ses problèmes, sans l’appui de bailleurs de fonds, avec les moyens locaux. La forte participation des villageois au comité villageois de développement montre que ces derniers sont participatifs et sont soucieux de gérer leurs difficultés. La mobilisation quotidienne et la communication réalisée par l’AFJEPET auprès des villageois montrent le souci de l’immersion participative.
Par ailleurs, la situation politique, par le désengagement de l’état des politiques de développement et de soutien à la population, la misère ambiante a engendré la floraison des organisations non gouvernementales pour palier à ce manque. Certaines d’entre elles ont eut des pratiques abusives quand à la gestion des fonds structurels qui leur ont été accordés pour la réalisation de projets. Ces pratiques crapuleuses ont vu le retrait des bailleurs de fonds quand à l’attribution de subventions, suspicieux par rapport aux pratiques de détournement de fonds.
L’AFJEPET a dut initié ses projets sans l’appui de bailleurs de fonds. Ce qui montre une réelle détermination quand à vouloir soutenir sa localité. Elle a dut mobiliser les forces vives locales, en comptant sur la population et sur l’apport de fonds personnels. La construction des classes à Kpélé Godzo fait par exemple l’objet d’une tontine (cotisation de la population).
Le fait que des membres de l’AFJEPET vivent dans le village, ils sont l’assurance de la continuité et de l’évaluation des projets, et garant d’une sensibilisation permanente de la population sur la nature, l’impact des projets sur la localité. Fort est de constater qu’il existe au Togo beaucoup de chantiers de volontaires qui interviennent dans les villages sous différentes thématiques de projets :
Scolarisation, éducation, environnement, santé...
Mais ces organisations de chantiers ne prennent pas toujours en compte les réalités locales. Les projets ne sont pas toujours l’adéquation entre les besoins et les actions. Faire de l’animation auprès des enfants ou encore obtenir des cahiers et des stylos ne sont parfois pas prioritaires par rapport à des besoins agricoles ou de santé. De plus, elles ne sont pas toutes soucieuses du devenir des projets entamés par la mise en place d’un chantier, nourrissant des attentes veines auprès de la population. Cette dernière témoigne souvent de la non-continuité des actions engagées, ce qui renforce la morosité quotidienne. Par ailleurs certains villages traversent de véritables crises politiques, étant mal sensibilisée, la population considère la venue de volontaires comme une ingérence dans les affaires du village. Or, l’afjepet, issu du village, connaît les réalités du terrain, identifie les besoins de la population et par conséquent cible les problèmes à traiter. De plus, la venue des volontaires fait l’objet d’une sensibilisation permanente, évitant tout malentendu. Par la même ce sont des projets en phases avec les réalités locales où chaque chantier se succède, travaille dans le souci de la continuité et de la cohérence des actions menées sur la localité en partenariat avec la population. Même si l’association n’a pas de volontaire expatrié, elle maintient les actions des chantiers.
- L’échange inter-culturel permis par les chantiers entre la population et les volontaires expatriés.
- Implantation de l’Afjepet dans le village
Les jeunes qui la composent sont pour certains natifs du village, ceci traduit une réelle motivation et implication dans les réalités locales. Par la même, les volontaires pris en charges par l’AFJEPET sont entièrement intégrés aux réalités locales. La confiance est réciproque et facilite l’échange culturel. La maison des volontaires est située au centre du village, les rencontres se font à tout moment, lors de la corvée d’eau, de la préparation du repas, de l’achat des aliments au marché. L’immersion au sein de la population permet la confiance mutuelle des villageois et des volontaires. Cette confiance est alors la base d’une intégration totale dans les coutumes et traditions de la population, loin de toute attitude de consommation de la part des volontaires et des villageois. Il s’agit de partager des moments de vie dans les joies et les difficultés de la population.
- La participation des volontaires au comité villageois de développement
Elle permet une réelle connaissance de la localité par l’historique du village, l’identification des problèmes et la mise en place de solutions. L’ensemble des informations fournies sur l’historique du village est narré par les villageois eux même. On comprend les forces et les faiblesses de la ruralité togolaise à travers les valeurs traditionnelles, l’organisation sociale, l’histoire du village, les grands évènements qui se sont produits.
Les activités du camp chantier ou la traduction concrète des axes fondamentux
Le comité villageois de développement
- La participation active du volontaire
Les comités villageois de développement ont pour but le traitement des problématiques inhérentes au village. Le moyen utilisé est la sensibilisation de la population par sa participation active en utilisant la méthode PAIRWISE RANKING. Il est alors primordial que les séances soient actives. Elles sont rythmées par des sketchs qui représentent des situations quotidiennes du village qui font ressortir les problématiques. Elles deviennent le support des discussions et sont intégrées à terme au PAV.
Ex : deux villages se situent d’amont en aval le long d’une rivière et ils se superposent.
Dans le premier, les villageois puisent de l’eau, lavent de la vaisselle et des pagnes, ils traitent les cultures au pesticide. Le second village fait la même chose mais les villageois sont malades. Chaque volontaire mime une action bien déterminée.
Les villageois sont consultés, des sujets sont relevés :
- Qu’est ce qui contamine l’eau, l'utilisation des engrais et pesticides ?
- Comment adopter une culture maraîchère bio (engrais naturel) ?
- Comment s’organiser pour avoir de l’eau saine (à défaut d’avoir de l’eau potable) ?
Fixer des lieux de puisage et des lieux de lavage.
Les villageois peuvent intervenir pour compléter le mime : l’un se lève et mime le dépôt quotidien des ordures qui entraînent la prolifération de microbes nuisibles au sol, à l’eau et à la santé des enfants qui jouent par terre.
- Comment gérer les déchets ?
Au total c’est l’identification des problèmes, la hiérarchisation de ces derniers avec leurs effets de corrélations, et l’apport de solution par les moyens et potentialités existantes. Le volontaire à un rôle actif dans le déroulement de ces séances. De plus il perçoit les réalités des villageois africains, les freins liés à l’analphabétisme, à la tradition et aux habitudes de vie, au désenchantement de la jeunesse contraint à l’exode rural.
- La préparation des séances et des synthèses
Afin de favoriser le travail de l’ONG, les synthèses et analysent du CVD sont effectuées par les volontaires. Ils servent de préparation aux autres séances.
- La traduction d’une action concrète du PAV :
Construction d’une école à Kpélé Godzo En tant que volontaire, je me suis rendue cinq jours sur le village de Kpélé Godzo, situé à quelques kilomètres de Kpélé Dafon, afin de voir l’application concrète des actions du PAV : construction d’une école notamment.
Un comité d’action villageois a été réalisé en 2003 par l’Afjepet auprès de la population. Depuis des budgets ont été réalisé, des tontines organisées et des temps de travail communautaire planifiés. J’ai participé à la construction de l’école, en fabriquant des parpaings, en montant les mûrs et en construisant la charpente. Ces villages sont appelés des fermes pour deux raisons : ce sont des villages de paysans qui travaillent au champ, font de l’élevage. Et ils sont plus reculés dans la brousse, accessibles par des pistes. Ces villages reculés sont oubliés des ONG, ils n’ont pas accès à l’eau filtrée, les écoles sont faites de bois et de feuilles de palmiers, elles ne résistent pas aux intempéries. De plus il manque de professeur pour l’école. Le premier centre de santé est situé à trente kilomètre. Les maisons sont en boues séchées, peu de construction en parpaings. Ils diffèrent des villages situées le long des routes qui sont plus développés, favorisés par leur regroupement le long des axes de communication (transports, téléphone, centre de santé, marché).
L’afjepet propose alors à chaque volontaire une immersion de quelques jours au sein de ce village, il s’agit alors de vivre au quotidien la réalité africaine en participant aux taches quotidiennes : travail au champ, corvée d’eau, préparation des repas, école aux enfants.
Conclusion :
Passé trois semaines au cœur de deux villages togolais est une bonne expérience permis par la qualité de l’accueil, la connaissance de l’AFJEPET des populations et du développement.
Un cadre de travail est fixé par le chantier et devient ainsi la base de rencontres, de partages avec la population. Des temps annexes au chantier sont dégagés pour permettre la visite des sites naturels (cascades, monts, forêts) en fonction du souhait des volontaires.
L’hébergement est rudimentaire, les douches sont au sceau, les toilettes sont communautaires.
Les repas sont traditionnels, il s’agit du Fu-Fu (igname pilé), de la pâte de maïs que l’on mange avec un ragoût de poisson ou de viande, des haricots, des crudités et des légumes.
J’ai donné 153 euros de participation à l’association pour les trois semaines, soit 100 000 CFA, pour l’hébergement et la nourriture, une partie est versée au financement des actions (rémunération de l’animateur du CVD).
Les transports ont été à ma charge.
Au total, je souligne l’efficacité de l’afjepet, dans l’accueil des volontaires. L’association est soucieuse de la qualité d’accueil, de la sécurité des volontaires, de leur implication aux actions du chantier et de l’impact de ce dernier sur la localité. L’association respecte les valeurs du chantier de volontaires.
Carnet de route et photos
contact:
Tél: +233(0)243938204
+2289973989
E-Mail: afjepet@afjepet.africa-web.org
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